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Présentation
de l’Expérience de l’Association des Autorités Electorales
Africaines (A.A.E.A.) en matière de mise en réseau
Présentée par : Monsieur Moussa Michel TAPSOBA
Président
de la Commission Electorale
Nationale Indépendante (Burkina Faso)
Président du Conseil Consultatif de l’AAEA
Août 2005
L’existence
de l’AAEA découle de la volonté d’experts africains
convaincus que la stabilité de l’ouvrage de la démocratie
passe par l’organisation d’élections libres, transparentes,
équitables et à coûts réduits. Leur conviction se fonde
sur le fait que depuis l’accession à l’indépendance
des pays africains jusqu’au début des années 90, des
élections présidentielles et législatives notamment
ont été organisées dans ces pays mais ont toujours abouti
à des impasses politiques et sociales. En effet, les
dirigeants politiques ont été rapidement gagnés par
le syndrome des partis uniques, ce qui a eu pour conséquence
d’exclure les autres opinions, entraînant ainsi des
dictatures et leurs corollaires de mécontentements sociaux.
L’on a vu alors l’irruption sur la scène politique des
militaires à travers des coups d’Etat, non pas pour
restaurer la démocratie mais pour imposer disent-ils
plus de discipline dans la gestion des affaires de l’Etat
et dans les comportements sociaux des populations.
Ces
régimes et cette manière de gouverner se sont installés
sous l’œil bienveillant des tuteurs des deux blocs,
le monde étant bipolaire à l’époque.
La
chute du mur de Berlin en 1989 a sonné le glas à tous
ces régimes, devenus faibles par manque de tuteur. Les
peuples africains, se saisissant de cette nouvelle donne
ont poussé plus en avant et plus fermement leur revendication
de plus de liberté, de plus de respect des droits de
l’homme, de plus de participation à la gestion des affaires
publiques. En somme, ils ont revendiqué la DEMOCRATIE
comme tant d’autres peuples à travers le monde.
Les
régimes décadents ont consenti à leur corps défendant,
la naissance des partis politiques d’opinions diverses
et officialisant des ONG de défense des droits humains
et de diverses autres organisations de la société civile.
La première grande question que les partis politiques
ont été amenés à se poser dans l’organisation des premières
élections multipartites a été : comment organiser des
élections démocratiques à travers une administration
qui a été allégeante à des régimes de partis uniques
et de pensée unique pendant trois décennies ?
C’est
ainsi qu’est née l’idée de création de commissions électorales
autonomes ou indépendantes, différentes des Ministères
habituellement en charge des élections en république.
Cependant, certains pays qui n’ont pas connu de dictature,
de parti unique ou de régime militaire ont continué
d’organiser des élections à travers des institutions
gouvernementales.
Pour
organiser des élections crédibles, il faut une certaine
expertise et ces nouveaux organismes de gestion des
élections (OGE) en ont besoin. La création de l’AAEA
obéit à ce besoin de mise en réseau de ces OGE pour
des échanges d’expériences, d’expertise entre les administrateurs
électoraux et des échanges de matériel électoral éventuellement.
Historique
L’idée de la création de l’AAEA est née du colloque
des administrateurs électoraux africains tenus en novembre
1994 à Victoria Falls au Zimbabwe.
A l’issue de ce colloque un groupe de travail a été
mis en place. Il avait pour vocation d’entretenir les
contacts entre les participants qui ont exprimé leur
vif souhait de formaliser leurs rapports au sein d’une
Association africaine regroupant les officiels électoraux
et les ONG travaillant dans le domaine des élections
en Afrique.
Le
groupe de travail, en collaboration avec l’Institut
Africain-Américain (AAI) a également élaboré un questionnaire
afin de sonder l’intérêt porté par les administrateurs
électoraux africains à la création d’une Association
permanente. La majorité des personnes interrogées ont
opté pour un forum d’échanges destiné aux administrateurs
électoraux et aux ONG du secteur électoral de tous les
pays participants.
Ce groupe de travail, appuyé par plusieurs ONG basées
aux Etats-Unis et par les Nations Unies, a dirigé un
projet de charte d’un groupement dénommé « Association
des Autorités Electorales Africaines (AAEA) ». Il s’est
réuni en 1995 au Cap et en 1996 à Windhoek en Afrique
du sud, aux fins de débats détaillés portant sur le
projet de Charte.
C’est
fort des résultats du sondage et munie d’un projet de
charte que l’Assemblée fondatrice s’est tenue du 14
au 16 janvier 1997 à Kampala en Ouganda sous le parrainage
de l’IFES (International Fondation for Election Systems)
et la Commission Electorale Ougandaise en a été l’hôte.
Après l’Assemblée fondatrice de Kampala de 1997,
l’Association a tenu son Assemblée Générale Inaugurale
du 13 au 15 août 1998 à Accra au Ghana et sa 2nde session
du 25 au 27 septembre 2002 à Ouagadougou au Burkina
Faso.
Les
Membres et les organes de l’Association
A
l’issue de la deuxième Assemblée Générale tenue à Ouagadougou
au Burkina Faso en septembre 2002, l’Association compte
19 membres de plein droit que sont les Etats ci-après
: Bénin, Burkina-Faso, République Centre-Africaine,
Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Lesotho, Libéria,
mali, Nigeria, Sénégal, Sierra-Léone, Rwanda, Togo,
Ouganda, Zimbabwe, Afrique du Sud et huit membres associés
qui sont : Institute of Economic AFFAIR (Ghana), Zimbabwé
Human Rights Association (Zim Rights), CERCUDE Cameroun,
GERDDES AFRIQUE, Institute for Education in Democracy
(Kenya), Zambia Independance Monitoring Team (Zambia).
Les
organes de l’Association sont :
- l’Assemblée Générale qui se tient tous les 3 ans
- le Conseil consultatif qui se tient 2 fois par an
; il est présidé par la CENI du Burkina Faso pour un
mandat de 3 ans
- Le Secrétariat Exécutif assuré par la Commission Electorale
du Ghana.
Les
activités
Les principales activités menées par l’Association en
dehors de la tenue régulière de ces instances (sessions
du Conseil Consultatif et de l’Assemblée Générale) sont
:
- les échanges d’expériences. Ces échanges se font à
travers deux domaines d’activités.
• Les séminaires et conférences
• La revue des pairs par l’envoi de missions lors de
la tenue de scrutins dans les pays membres. C’est à
travers ces missions que les administrateurs électoraux
se forment car il n’existe pas d’institut de formation
pour eux dans les universités.
Ils y acquièrent la manière dont leurs collègues résolvent
les difficultés qui se présentent à eux dans l’organisation
des élections. Ils leur prodiguent aussi des suggestions
pour améliorer l’organisation des scrutins futurs.
- Les échanges de matériel électoral
Dans la recherche d’optimisation du coût des élections,
les membres de l’Association procèdent à des échanges
de matériel électoral.
C’est ainsi que des prêts d’urnes ont eu lieu entre
:
• Le Ghana et le Burkina à trois reprises
• Le Burkina et le Bénin
• Le Ghana et la Sierra Léone
• Le Ghana et le Bénin
Le chantier auquel l’AAEA fait face actuellement est
la mise en place des forums régionaux qui regrouperaient
les membres par Région pour rendre les échanges plus
fructueux.
Le forum des membres provenant des pays de la SADC est
déjà en place.
Ceux de l’Afrique de l’Ouest et de la Corne de l’Afrique
sont en gestation.
Les cinq premières années de fonctionnement de l’AAEA
montrent que son existence est bénéfique pour ses membres.
Nous remercions toutes les organisations internationales
qui nous soutiennent dans cette ouverture bénéfique.
Nous félicitons le Dr Toth et les membres de l’ACEEEO
pour la réussite de cette conférence GEO III et les
félicitons pour notre invitation.
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